HISTOIRE DU RIAD BAYTI

Le Riad Bayti a ouvert ses portes le 01 novembre 2002 mais son histoire a commencé bien avant…
Le Riad a appartenu à une grande famille juive du Maroc, la famille «HAZAN». Jacob Hazan, né en 1836, s’installa à Marrakech dans l'actuel Riad Bayti. C’était un commerçant averti et il devint une personnalité de premier plan à Marrakech. Il reçut le père De Foucauld (déguisé en Juif !) quand il séjourna à Marrakech (1883/1884). Il reçut aussi le commandant Mangin et certainement d’autres illustres invités.

Sous le protectorat français (1923-1956) le Riad devint la poste française du quartier (le Mellah, quartier juif). Le maréchal Lyautey, qui logeait au Palais Bahia (à proximité du Riad) lors de ses séjours à Marrakech, se rendait souvent à la poste du quartier juif.
Après le protectorat français, la poste française du quartier juif n’avait plus lieu d’être et Mr Hazan, toujours propriétaire du Riad, décida de transformer le rez-de-chaussée et de profiter de la grande cave pour devenir marchand de vin. La famille Hazan habitait le 1er étage et la terrasse. Le rez-de-chaussée était consacrait au commerce du vin.

A la fin des années 60, la famille Hazan se dispersa à travers le monde (Israël, France, U.S.A, Mexique) et le Riad fut vendu à un marocain qui n’y habita jamais mais préféra louer chaque pièce du Riad à différentes familles pauvres venues des campagnes. Aucuns travaux de restauration pendant près de 40 ans ne furent entrepris et lorsque nous visitâmes le Riad pour la première fois en Août 2001 l’état de délabrement était assez inquiétant quant au devenir de cette belle demeure.
Nous remercions notre entrepreneur Abdellatif Lamselli qui après un an de travaux a réussi à lui redonner vie, en le restaurant tout en gardant ce qui était d'origine et pouvait être sauvé et en respectant l'esprit de ce type de construction.
Pourquoi l’avoir appeler « Bayti » ? Tout simplement parce que « Bayti » signifie « ma maison » en arabe et que Le Riad Bayti est, le temps de votre séjour, votre maison !

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Le Maroc possède certainement le patrimoine architectural et urbain le plus riche et le plus remarquable du Maghreb. Pour s’en convaincre, il suffit de se promener dans les rues étroites et sinueuses aux hauts murs aveugles de la médina de Marrakech, de pénétrer dans ses superbes Riads.
La splendeur décorative des cours intérieures aux façades revêtues de faïence, de plâtre et de bois, témoigne encore aujourd’hui de la richesse passée des demeures des villes impériales marocaines.
Les pièces sont distribuées par une cour ou un jardin intérieurs, espace central sur lequel elles s’ouvrent et s’ordonnancent. Leurs façades sur cour constituent ainsi les façades principales de la maison, qui ne possède par conséquent, aucune véritable ouverture sur la rue. De l’extérieur, on ne voit qu’un mur aveugle percé de portes décorées.
En général, la cour est entourée sur les quatre côtés par des pièces d’habitation (bayt) dont chacune occupe un côté entier de la cour.
La cour est de forme régulière, carrée ou rectangulaire. Remarquons que dans la maison marocaine typique, les pièces ne communiquent pas et qu’il faut nécessairement traverser la cour pour aller de l’une à l’autre, ce qui rend la présence , l’usage et la signification de la cour extrêmement importants. Les espaces de service- la cuisine, le hammam et la buanderie- sont en général du côté de l’entrée, proches de la rue. La pièce principale, la plus grande et en général la plus décorée- se trouve ainsi éloignée de l’entrée et de l’espace public.
Décoration
Les revêtements décoratifs sont essentiels à la maison marocaine.
A l’intérieur, les murs sont recouverts de matériaux à l’aspect riche et éclatant : carreaux de mosaïque, plâtre sculpté et bois peint. Le sol de la cour est revêtu de dalles de marbre blanc ou gris aux joints rehaussés de bandes de carreaux de mosaïque polychrome. Les sols des chambres sont recouverts de carreaux de mosaïque. Les murs de la cour et des chambres sont recouverts par un registre vertical décoratif toujours identique : dans la partie basse des carreaux de mosaïque (zelliges), dans la partie haute une corniche de plâtre ciselé ( tagguebbast) couronnée par une corniche. Le plâtre sculpté est largement utilisé autour des portes et des fenêtres. Au dessus et dans l’axe de la porte de la chambre un ou trois petits claustra cintrés, les chamachât , assurent la ventilation haute de la chambre. Ils sont en plâtre ciselé. Il ne faut pas oublier de mentionner le fer forgé, utilisé pour protéger les fenêtres sur cour et réaliser les balustrades du portique de l’étage.
Les techniques des artisans sont très anciennes, transmises et perfectionnées de génération en génération. Pour le zellige, l’artisan utilise des morceaux de céramique cassés selon des dessins géométriques spécifiques aux appellations évocatrices : soldat, noyau d’olive, feuille de figuier, escargot etc.…
Enfin on ne peut décrire la maison marocaine traditionnelle sans parler de l’importance de l’eau. dans les belles demeures il y a soit une fontaine adossée à un mur de la cour, richement décorée de zelliges et de plâtre sculpté, soit une vasque fontaine en marbre au centre de la cour, merveilleusement mise en valeur par le sol de céramique aux motifs géométriques polychromes.
Transformations historiques
Cet univers domestique, clos et protégé jusqu’à la fin du siècle dernier, a été bouleversé par l’arrivée des français au début de ce siècle. La prolifération des nouvelles villes européennes, l’importation de modèles culturels inconnus jusqu’alors, de typologies architecturales occidentales et de modes de vie présentés comme supérieures à ceux de la culture traditionnelle marocaine, ont favorisé la décadence et la désaffection relative de la ville arabe et de ses édifices. Et ceci malgré la politique sensible et respectueuse du maréchal Louis Hubert Lyautey, résident général de 1912 à 1925 ;qui consistait à favoriser le développement des villes nouvelles à côté des villes arabes existantes en vue de protéger celles-ci des affres de la modernité. La création des villes neuves sonnait le glas des villes anciennes condamnées à devenir les quartiers pauvres de la ville contemporaine marocaine.
L’abandon massif des médinas par les familles marocaines , qui ont choisi d’habiter immeubles ou villas des nouveaux quartiers, ne signifie pas l’abandon définitif du style marocain en architecture , au contraire, les directives royales et la publication récente du livre monumental d’André Paccard sur l’artisanat marocain ont fait renaître les techniques et les traditions décoratives marocaines, si bien que les artisans marocains sont aujourd’hui les spécialistes les plus compétents et les plus recherchés de l’art islamique dans le monde.
Retour aux demeures traditionnelles
Ce retour aux sources décoratives marque l’architecture traditionnelle marocaine réalisée depuis longtemps par une clientèle très bourgeoise, souvent d’origine européenne, qui a choisi de vivre dans de belles demeures de tradition marocaine.
Amateurs subtils d’un savoir-vivre dont le luxe et le raffinement les fascinaient, certains tentaient de reproduire chez eux les espaces intérieurs qu’ils avaient découverts avec ravissement dans les maisons arabe du Maghreb. D’autre part, des personnalités et artistes européens célèbres restaurent d’anciennes demeures à Tanger et à Marrakech, les deux villes les plus appréciées de cette société internationale.
En investissant beaucoup d’argent dans la restauration ou la construction de ces maisons, et en faisant appel à des décorateurs et architectes de talent, les propriétaires de ces belles demeures s’inspirent de la tradition marocaine, qui s’en trouve ainsi valorisée. Si la maison est ancienne, les pièces et leurs décors sont soigneusement restaurés. La piscine s’y ajoute toujours et fait partie des éléments incontournables du nouveau confort domestique. Dans les plus belles maisons elle est traitée comme un simple plan d’eau s’intégrant parfaitement à la présence traditionnelle de l’eau dans la demeure et le jardin arabes du Maroc. La décoration intérieure est totalement redevable de tout le savoir-faire des artisans des zelliges et du plâtre sculpté, des menuisiers, des peintres sur bois et des ferronniers. Le tadelakt, cet enduit traditionnel de chaux mélangé à des pigments de couleurs et lissé avec des galets au savon noir, est largement employé sur les murs des chambres et des salles de bains.
L’aménagement intérieur mélange jusqu’à l’excès le mobilier orientaliste et celui de la tradition classique européenne, et fait le délice des décorateurs qui peuvent ainsi satisfaire le goût éclectique de leurs clients. Les revues internationales de décoration intérieur ont d’ailleurs fait connaître depuis longtemps la qualité de ces créations ressourcées à la tradition toujours vivante de l’art de vivre marocain, mais également imprégnées de l’essentiel du tissu architectural des médinas et agglomérations rurales, est menacé de disparition massive pour cause d’abandon et manque d’entretien.
Les médinas sont menacées : il ne restera bientôt que quelques monuments prestigieux, mosquées et medersas. Mais il restera aussi ces belles maisons dans lesquelles des femmes et des hommes de culture au goût raffiné, tentent de ressusciter un art de vivre oriental dans un cadre architectural sachant concilier la tradition et le confort contemporain.

 

   
 
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